Archive pour août 3, 2008

3 questions à Noël Couëdel, président du FIL

Il est 10 h 05 lorsque Noël Couëdel nous reçoit. Cheveux poivre et sel, sourire franc et regard vif. Le tout nouveau président du Festival interceltique de Lorient s’excuse d’avance : il ne pourra nous accorder qu’une heure, pris par d’autres engagements. Qu’à cela ne tienne ! Nous entrerons donc tout de suite dans le vif du sujet. Accompagné de Bernard Le Meur, vice président du festival et Claude Lasbleiz, chargé des relations avec les VIP, Noël Couëdel se prête de bon coeur au jeu des questions et réponses.

Comment s’est fait le choix des artistes et groupes présents au festival ?

Dans la programmation on cherche à allier tradition et modernité. En fait, il n’y a pas de star. C’est plutôt l’inverse : le festival crée ses propres vedettes. Le choix des artistes prend beaucoup de temps. C’est Lisardo Lombardia, le directeur du Festival interceltique, qui fait ce travail. Ce n’est pas facile. Parfois il faut suivre les artistes pendant des mois, se déplacer pour assister à leurs concerts.

Quel est le budget du festival ?

Notre budget est de 4,5 million d’euros. Nous sommes financés de trois manières : les subventions publiques, les partenaires privés (plus de 200) et nos propres recettes, provenant d’environ 140 000 d’entrées payantes, sur 600 000 festivaliers. Mais le Festival doit faire face à une très forte diminution des subventions du ministère de la Culture.

Comment se présente cette 38e édition ?

On attend autant de visiteurs que l’année précédente, dont un tiers nous est apporté par les médias qui parlent de nous. Cette année s’annonce comme un succès. Ceci dit, il faut rester humble.
A chaque fois c’est un nouveau défi pour le plus grand festival celtique au monde. Cette année, le pays de Galles est à l’honneur. Lorsqu’on parle du Pays de Galles, on pense généralement aux chœurs gallois, mais la culture galloise, ce n’est pas que cela. Le Festival s’élargit aussi à la danse bien sûr mais aussi à l’art contemporain, aux activités sportives, aux expositions littéraires et artisanales…

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Malgré la pluie, rien ne gâche la fête.

Il pleut, il pleut encore, la fête continue


Depuis tôt ce matin du dimanche 3 août, il pleut sur Lorient. Le 38e festival interceltique se poursuit comme si de rien n’était. Un tour rue Jules-Ferry permet de s’en rendre compte. Les bars sont occupés par des festivaliers qui consomment et suivent la musique. Les personnes qui viennent au festival se protègent de la pluie : imperméables, parapluies et bonnets sont de sortie. Bien protégés, les enfants dans leurs poussettes profitent eux aussi de la musique. Tous les âges ont représentés. Jeunes, adultes et grands-parents sont de la fête.
Des groupes des danseurs se forment devant les bars. Ils exécutent des pas de gavotte, de dañs round et autres danses bretonnes. Ces danseurs réalisent des figures et des formes devant le podium. Ils encouragent les musiciens, les applaudissent à la fin de chansons et airs de musiques. Au bonheur des festivaliers, des groupes de musiques rivalisent devant différents bars.
Par endroits, les sièges trempés par l’eau sont abandonnés. La détermination des festivaliers ne me laisse pas indifférent. Elle me fait penser au Congo Kinshasa. Dans ce pays, la pluie n’est pas la bienvenue. Lorsqu’il pleut, tout s’arrête. Les transports en commun deviennent difficiles à trouver. Certaines rues sont impraticables, noyées sous l’eau ou la boue. Chacun se réfugie chez soi ou s’offre une dose de sommeil.

Jacques MATAND, RD Congo

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La parade, une celtitude à visages multiples

On naît Breton, on ne le devient pas ! C’est l’impression que projette, et de toutes parts, ce moment symbolique du 38e Festival interceltique : la parade.

Drapeaux celtes

Drapeaux celtes

Des foules en masse tout le long du parcours que devaient suivre les représentants des différentes nations celtes. Grisaille et pluie n’ont pas découragé les familles. Vêtues de leurs cirés, ils se sont agglutinés sur le chemin du cours de Chazelles et jusqu’au stade du Moustoir. Des habitués se sont même équipés de sièges pliables pour bien apprécier ce défilé qui a duré trois heures.

La voix d’un animateur, diffusée par des hauts-parleurs tout au long du trajet, présente les bagadoù, les danseurs, les délégations étrangères et leurs histoires respectives. En voyant arriver le premier groupe brandissant les drapeaux de toutes les nations celtes, la voix de l’animateur s’élève : « Nous devons être fiers de montrer notre patrimoine ».

Le dragon du pays de Galles, invité d’honneur cette année, ouvre la parade. Musiques, costumes et danses se conjuguent pour transporter les festivaliers. L’âme celte est présente sous toutes ses couleurs géographiques. Les airs joués par les bagadoù ponctuent ce défilé qui ne laisse pas indifférent.
Les délégations avancent le sourire aux lèvres dans une démarche joyeuse et rythmée par les bagadoù. Ils n’hésitent pas à répondre aux spectateurs ou même à se faire prendre en photos avec eux. Des jeunes filles s’amusent en dansant et emportent les festivaliers dans le tournoiement de leurs jupes aux couleurs chatoyantes. Même les enfants participent à la parade en petits costumes conçus juste pour eux. La parade est désormais cette manifestation familiale qui réunit les grands comme les petits mais aussi cette grande famille qu’est la diaspora celte.

Feriel Oumsalem, Algérie

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Loreena McKennitt : invitée exceptionnelle, concert mémorable

Loreena McKennitt s’est produite à guichets fermés au 38e Festival interceltique, samedi 2 août 2008, avec son premier concert sous le grand chapiteau de l’Espace Marine. La chanteuse canadienne, connue en tant qu’une des plus grandes artistes celtiques, était l’invité exceptionnelle de l’événement.

Quatre mille spectateurs venus notamment de Grande-Bretagne, de Pologne et même d’Australie se sont joints aux Français. Sa voix féérique enchante tous les âges : jeunes, anciens, enfants avec leurs parents. Ils ont fait la queue pour pouvoir l’écouter. D’autres ont fait le siège des boutiques pour acheter quelques souvenirs de l’artiste. Sous le chapiteau, les spectateurs se sont assis dans les estrades, par terre et debout.

Sur la scène du concert habillée de noir, huit musiciens forment cercle. Cheveux tombant sur les épaules en flammes rousses, Loreena McKennitt apparaît dans une robe de duchesse élisabéthaine. Grand sourire à ses chers fans. La foule hurle et applaudit.

La voix de Loreena monte dans le silence de la foule et plonge les spectateurs dans une atmosphère paisible. Une dizaine de chansons sont présentées, pendant une heure et demie, aux spectateurs. L’un deux n’a pas pu s’empêcher d’exprimer son sentiment pour son idole : « Lorenna, we love you », a-t-il répété tout au long du concert.

Née en 1957 au Canada, dans une famille irlando-écossaise, Loreena McKennitt est connue pour son talent de compositrice et d’interprète. Elle est à la fois chanteuse, harpiste, accordéoniste et pianiste. Elle a vendu plus de 14 millions d’albums dans le monde. « Nights from the Alhambra » (août 2007) est son dernier album. Elle en prépare un nouveau qui sera produit par Peter Gabriel.

Extra: écoutez de Mummer’s Dance, un succès de l’artiste

Thu Hà TRAN, Vietnam – Kim Gjerstad, Canada

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Nuit magique : feu d’artifice sous la pluie

Dans la queue qui entoure le Stade du Moustoir où va se dérouler la « Nuit magique » du Festival, on rit, on parle, on crie, on prend des photos… malgré la pluie. «Qui veut encore du Bordeaux rosé? Voilà monsieur, bonne soirée!» Du vin dans la main gauche, un sandwich dans la main droite, on s’avance vers la grande cérémonie.

Pluie de brouillard
Du brouillard couvre le stade, qui rend floues les lumière et les projecteurs. Cet effet vaporeux renforce le caractère mystérieux de l’Histoire des celtes. Une culture d’une grande richesse va être racontée aux 5000 spectateurs, dont la plupart viennent de loin… de France ainsi que de l’étranger.
« La pluie n’est vraiment pas prévue… », explique l’ingénieur son et lumière. « Heureusement, nous sommes habitués au temps de Bretagne, sauf qu’il faut essuyer sans cesse le pupitre des commandes.»

Ouragan de voix celtique
Les siècle ont passé, mais les voix celtiques sont toujours envoûtantes. Les chanteurs, les danseurs, les pipe bands irlandais et écossais, les ensembles de choristes du Pays de Galles, autant de traits d’union unissent les spectateurs, qui sont émus et fiers de leur culture.
Alexandre, collégien de 14 ans, vient de jouer au centre de la scène avec ses amis du bagad Bro-Breger. Il est très content de son groupe : le premier prix de la 2e catégorie au championnat national des bagadoù. « Je suis très content, mon père aussi, il est venu me voir. J’a commencé à l’âge de 6 ans, maintenant je suis grande baguette. » Explique-t-il, avec des gouttes de pluie sur son visage. La pluie ? Rien ne peut les empêcher. Ce soir, la musique du pays des Galles est à l’honneur.
« Chaque année, je viens ici. » Dit Sébastien, qui travaille et vit à Strasbourg. Il est là, avec sa femme et ses deux petites-filles, 6 ans et 4 ans. Tout petit déjà, ses parents le conduisaient aux nuits magiques. Son premier « boulot » après ses études ? Bénévole au Festival interceltique. « C’était un endroit pour rencontrer les amis. Maintenant, c’est pour la culture. »

Le parapluie : sécurité
Une veste jaune de sécurité sur un kilt vert. L’homme est sympathique sous son chapeau rouge. A ses côtés, même veste jaune, une femme plus timide. Leur double identité : retraités et bénévoles.
« Je suis ici depuis 32 ans », montre l’homme, avec les mains. « La sécurité est un poste que je choisis chaque année. C’est important, non ? Avant, il n’y avait pas de grillage, c’était horrible. Maintenant, avec des grillages, c’est beaucoup mieux. » La femme est chargée plutôt de guider les spéctateurs. « Je vis dans cette ville, je connais tout. Donc je peux guider les gens. » Elle est souriante, se met à danser quand la musique commence. « Vous tournez à gauche, monsieur, les toilettes sont au bout du couloir, » répond-elle, sans arrêter de danser.

Déluge de feu
Le feu d’artifice marque la fin de la soirée. Les festivaliers saluent le premier tire. « C’est une musique spécialement choisie, et le feu d’artifice a été conçu en même temps », dit un technicien, un plan précis dans la main. « Au début, ce sont le rouge et le blanc, les couleurs celtiques. A la fin, toutes les couleurs explosent, c’est la fête des cultures. » C’est le commencement du Festival, un commencement qui témoigne de l’identité culturelle des celtes, par le chant, par la musique, par le feu, et baptisé par un bon crachin.

ZHANG Chi, Chine

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Festival de pourboires au Cohiba Café

23 heures, Cohiba Café, 8, place Jules-Ferry. Il pleut, il souffle un vent froid, mais c’est quand même la grande affluence. Nous prenons place à une table libre, entre deux stores qui laissent passer quelques gouttes, et jetons un regard indulgent aux clients du bar voisin qui célèbrent bruyamment leur celtitude. La serveuse, la vingtaine et plutôt accorte, s’approche de nous. Ses cheveux et son tee-shirt sont mouillés, mais pas son sourire. D’un mouvement leste du poignet, elle nettoie la table en prenant notre commande. Et lorsque nous faisons un commentaire sur le temps qui ne lui facilite pas la tâche, son sourire s’élargit : « Non, non ! Il ne pleut pas là ! C’est rien du tout ! ». Un groupe s’installe sur une petite scène et quelques minutes plus tard, nous avons de la musique, nos boissons et beaucoup plus de pluie ! Jasmine – c’est notre serveuse – a enfilé un sac plastique par dessus sa tenue et continue son service, toujours aussi efficace. Elle zigzague entre les tables, fait les comptes, sourit, danse parfois… « Ça ne me dérange pas de faire le service toute seule. Au moins ici, il y a de l’ambiance, et il fait bon. Mes collègues qui sont à l’intérieur m’envient ! », dit-elle dans un éclat de rire. Il est minuit. Avec la musique et les cocktails, nous sommes tous celtes. Entre deux commandes, Jasmine aussi : « Le festival, c’est important pour nous. Pas seulement pour les affaires. Pendant dix jours, on est vraiment nous-mêmes ! »

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Le bagad Cap-Caval, champion 2008 des bagadoù

« Le champion des bagadoù première catégorie de Bretagne est le bagad Cap Caval… » Ces paroles du modérateur de la soirée hier au stade Moustoir, ont déclenché une effervescence dans la foule de plus de cinq mille personnes venues assister à la première des six Nuits magiques. Pour les 58 musiciens de ce groupe, c’est une consécration. Le bagad Cap Caval s’est présenté avec 21 cornemuses, 22 bombardes, des caisses claires et des percussions. Selon Hervé Le Floc’h, responsable des cornemuses du bagad, « ce sont 21 ans de travail qui viennent d’être recompensé. » Au sortir du stade, il n’a pas caché sa joie, et nous a présenté le fanion qui lui a été remis. Hervé Le Floc’h assure que les musiciens du groupe ont travaillé dur pour être à la hauteur des autres concurrents. Cap Caval remporte la victoire à quelques points devant Auray.
Signalons que le champion de la deuxième catégorie est le bagad Sonerien Bro Dreger de Perros-Guirec. Il accède ainsi à la première catégorie.

C’est quoi un bagad ?

Selon Lionel Edelin, secrétaire de bagad Sonerien Bro Dreger, « le bagad est un groupe d’environ trente et cinquante musiciens, parmi lesquels des sonneurs de cornemuses, bombardes, des caisses claires et autres percussions. » Les musiciens de bagad interprètent essentiellement des musiques traditionnelles bretonnes. Pendant l’exécution des musiques, un dirigeant, le pen-soner, veille au respect des mesures, ainsi qu’aux interventions des sonneurs et des percussions. Dans l’ensemble de la région bretonne on compte près de dix mille musiciens de bagad.

Jacques MATAND, RD Congo

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