Archive pour août 4, 2008

En transe avec la musique écossaise

Lundi 14 h, au Palais des Congrès a lieu le 12e concours international de Piobaireadchd. Pio…quoi ? Certes ce mot gaëlique ne figure pas parmi les plus simples à prononcer. Cette musique écossaise, née au XVIe siècle sur l’Ile de Skye en Ecosse, est plus connue sous le nom de «Pibroc’h»
Retour à notre compétition. Un curieux se demandera s’il a fait le bon choix. Est-ce bien raisonnable d’assister à un spectacle où la majorité du public semble somnoler dans ses fauteuils ? La salle est plongée dans le noir, la scène est éclairée par une lumière douce. Une fois installé, notre cher débutant de Pibroc’h comprendra très vite l’état de « fatigue » du public. Très vite il sera lui même… transcendé par le bourdon de la cornemuse.


Après deux heures de spectacles Andrew Hunter, animateur de ce concours et expert de la musique écossaise, intervient : « Comme vous l’aurez sans doute remarqué, cette musique écossaise suscite beaucoup d’émotions. C’est assez épuisant. Aussi allons nous faire une pause de dix minutes ». D’accord!
Intrigué par le caractère très particulier du Pibroc’h, le public profite pour commenter les différentes prestations. Pour Gilles et Jacqueline, amateurs de Pibroc’h depuis le dernier Festival interceltique, la singularité du Pibroc’h réside dans son authenticité. Pour Jacqueline, la musique va bien au-delà des notes: « C’est une forme de spiritualité. Je vis un voyage dans le monde des Celtes, dans les Highlands écossais. Mais je dois avouer que cela me transporte bien plus loin. A un moment, je ne savais même plus où j’étais », on lui prête une oreille attentive, « A cela s’ajoute la vibration enveloppante de la cornemuse».
La pause est finie. Andrew Hunter annonce le prochain musicien : Jacob Dicker, 19 ans, originaire du Canada. Son interpretation de « Bells of Perth », un air traditionel, est impressionnant. A la sortie de scène Jacob Dicker raconte, en sueur, qu’il a commencé à jouer de la cornemuse à l’âge de 5 ans et qu’il pratique le Pibroc’h depuis trois ans. Ce qui l’a tellement épuisé ce n’est pas seulement la représentation durant une quinzaine de minutes, mais surtout la technique des doigts, extrêmement difficile.
Après cinq heures de spectacle et une performance décevante de Hervé Le Floch, lauréat de 2007, nous retrouvons Jacqueline. « Fatiguée ? Au contraire, je pourrais même recommencer », dit-elle pleine d’énergie. Son favori? Elle préfère pas répondre « Je ne sais vraiment pas. Nous sommes des amateurs, Gilles et moi. Nous manquons de connaissances techniques pour pouvoir juger les musiciens. Ce qui est certain c’est que Hervé Le Floch ne se trouvera sûrement pas dans le classement ». Avec un CD en main elle s’en va à la quête d’une dédicace. Pour son pronostic elle aura eu raison. Hervé Le Floch ne figurera pas dans le classement, en revanche c’est notre jeune canadien Jacob Dicker qui remporte la première place.

Navina KADEN, Allemagne.

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Les Irlandais enflamment l’Espace Marine

Le soir de ce dimanche 3 août n’est pas de tout repos à Lorient. Les festivaliers des 38e « celtitudes » se fixent différents rendez-vous pour se rendre aux lieux de spectacle. A 22h, le programme du festival indique « 16. Moving Hearts (Irlande) : Davy Spillane, Donal Lunny… »

La première partie du spectacle est animé par Johnny O’neil.
Cet Irlandais à la tête rasée, boucle d’oreille à gauche, monte sur la scène avec une guitare électrofolk. Il chante ses propres compositions. Il est mélancolique et sentimental dans ses airs. Il traite de l’amour et de sa solitude pendant sa séparation avec ses enfants restés en Irlande, alors que lui se rendait au Etats-Unis. Quelques temps après, il est rejoint par un contre-bassiste et une choriste.
Le public communie avec le groupe, au point de le réclamer à la fin du dernier morceau. L’assistance a continué à chanter en applaudissant. Le groupe est revenu et a exécuté un dernier morceau, avant de laisser place au second groupe irlandais annoncé à l’affiche.

L’intermède est long. C’est par des sifflets que le public le fait savoir. Il réclame «Moving Hearts. », expression anglaise qui renvoie à l’émotion des cœurs. Dans le public, on cite à la criée les noms des artistes que l’on reconnaît sur scène. Du début à la fin, ce groupe n’aura pas de paroles chantées, la musique est complètement instrumentale. Le guitariste rythmique tient au tempo et veille à garantir aux autres instrumentistes leur liberté d’expression. Les artistes font preuve de virtuosité, dextérité, rapidité, et de précision. Du saxophoniste au batteur, en passant par le guitariste soliste, le clavier, le bassiste, le joueur de clarinette et de Uilleann pipes et le percussionniste, tous émettent sur la même longueur d’onde.
A l’arrivée du violoniste, un peu plus de vitesse aux partitions. Avec lui c’était le comble. Les danseurs ont ajouté une touche particulière aux spectacles.

Premier concert après la reconstitution du groupe.

Ce groupe est né il y a plus de 20 ans et ne manque pas aux différents festivals. Depuis quelques temps, il s’était disloqué. Et depuis qu’il s’est reconstitué, c’est son premier spectacle en France. Un honneur fait au 38è festival Interceltique. Ce concert a eu du mal à s’arrêter. A près de quatre reprise, les musiciens se sont retirés après avoir saluer le public ensemble. Chaque dois, ils sont revenus sur leurs pas.
Les Lorientais ont savouré cette musique. Sur les sièges ont pouvait voir des gens battre la mesure avec les pieds, même quand le rythme s’enflammait en prenant une vitesse exceptionnelle. Les têtes bougeaient de bas en haut, soit de gauche à droite. Sur les cuisses, des mains suivaient le batteur.
On peut le dire, les cœurs ont vibrés à l’irlandaise.

Jacques Matand. RD Congo.

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Economiste, politologue et musicien à part entière

Dewi Pajot en scène

Dewi Pajot en scène

Une passion qui se transforme en métier.

Dewi Pajot est originaire de Quimperlé dans la région de Bretagne. Issu d’une famille de trois enfants dont il est l’ainé, il détient une maîtrise en économie, un diplôme en sciences politiques, un autre en français langue étrangère. A Prague où il est installé, ce Breton travaille à l’ambassade de France au service des affaires culturelles.

Malgré sa passion pour l’économie et le sens des affaires, Dewi Pajot passera quelques temps au conservatoire pour apprendre la clarinette, se perfectionner dans la bombarde et autres instruments à vent. Avec ce souffle dans les tripes, il baigne dans le chant. Agé de trente ans, Dewi chante en breton et en français. Son premier contact avec la musique s’est fait à l’âge de cinq ans. Depuis il y est resté. Il partage ainsi son temps entre ses occupations à l’ambassade et la musique. Il affirme que « ce qui au départ était une passion s’est transformé en métier. » A la question de savoir d’où lui est venu le goût de la musique, il répond : « Je ne sais pas.C’est venu comme l’envie de pisser ! ».

A Prague, Dewi Pajot est depuis neuf ans dans le groupe Bran, dont il est le porte-parole et le manager.
Malgré la distance qui le sépare de la Bretagne, il reste attaché à ses racines. A chaque festival Dewi revient dans sa région. Cette année, il y est présent avec six musiciens. A leur actif, quatre albums qui sont présentés à chaque prestation. Ce fils de Quimperlé nourrit une ambition particulière pour sa carrière qu’il resume bien : « Mon ambition c’est de jouer, jouer et encore jouer ; faire plaisir et faire danser. »

Jacques MATAND, RD Congo

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Pour 1€ et sans quitter Lorient, postez de l’île de Man

Cartes postales expédiés de l'île de Man.

Postées à Lorient, ces cartes seront expédiées de l'île de Man à destination du Canada. Vous suivez ?

Où trouve-t-on des chats sans queue, des moutons à deux, parfois trois, paires de cornes et des femmes fort chaleureuses qui vous offrent du fromage pimenté ? L’île de Man. Faut-il encore peut-être rappeler où se situe (Google Maps) ce bout de terre dans la mer d’Irlande.

Pour se démarquer des autres stands des représentations celtiques, les Manx ont mis à disposition une boîte postale pour les visiteurs. Leurs cartes postales seront expédiées de l’Île lorsque la délégation sera de retour chez elle. Jusqu`à présent, plus de 300 envois sont déjà dans le sac, selon le facteur venu pour l’occasion.

La boîte restera ouverte jusqu’à la fermeture du festival interceltique. La carte postale et le timbre coûtent un euro.

Et pour célébrer le festival, le Bureau philatélique de l’île de Man a prévu huit timbres commémoratifs. Sur chaque timbre figure le drapeau d’une nation celte.

Quelques faits intéressants sur l’île :

  • au milieu du Royaume-Uni, l’archipel n’en fait pas partie, mais dépend directement de la Couronne
  • pas plus de 75 000 habitants
  • moins de 2 000 d’entre eux parlent le mannois, une langue gaélique, comme l’irlandais
  • on peut s’y rendre par bateaux en moins de trois heures de Dublin, de Belfast ou de Liverpool
  • sur Internet, l’île à sa propre extension : .im
  • pour en savoir plus, Wikipédia offre le meilleur aperçu de l’île en français

Kim Gjerstad, Canada

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Le Trophée Botuha-Raud : un affrontement entre jeunes musiciens

Les concurrents et les sponsors

Les concurrents et les sponsors

Ce matin onze jeunes se sont affrontés au Palais des Congrès pour remporter le trophée Botuha-Raud. La 4e édition de ce concours a été ouvert par Roman Barbot, surnommé «Dark Vador». Les concurrents ont tous présenté une suite de marches, mélodies et danses jouées à la cornemuse. Le cadre de ce concours est très formel. Un public concentré bat avec ses pieds le rythme des différentes danses présentées. Le vainqueur de l’année dernière, Loïc Le Fur, déçoit l’audience par une prestation peu glorieuse, mais réussit tout de même à remporter la 3e place. Le nouveau lauréat est Jordane Guilloux qui remporte également le «prix mélodie».

Navina KADEN, Allemagne.

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Les sonneurs touchent les âmes

Les porte-drapeaux

« Le but c’est de mélanger tous les bagadoù » explique Michel, danseur, dans la cacophonie ambiante. Nous sommes place Alsace-Lorraine, point de départ du triomphe des sonneurs. Environ trois mille sonneurs et danseurs, venant de partout dans le monde, sont là pour ce défilé. Il règne un désordre indescriptible : rires, cris, invectives, poches de cuirs qui émettent des couinements plaintifs, caisses qui résonnent sourdement… Sans parler des danseuses qui vérifient le bon ordre de leurs tenues et du public où circulent pintes de bière et chopes de cidre. Quelques uns préparent leurs appareils photos ou leurs téléphones portables : c’est sûr, le triomphe sera immortalisé des millions de fois

Annick, bénévole, demande gentiment de s’écarter du chemin : c’est presque le moment d’y aller et il ne faut pas obstruer la voie. Ses yeux rouges témoignent de sa fatigue, mais elle accomplit sa tâche avec un plaisir évident. « Pour nous, c’est la chose la plus importante, explique-t-elle gentiment. On fait ça pour eux, pour nous. J’ai toujours baigné dedans. »

Une vue de la parade

C’est le coup d’envoi. Les sonneurs donnent le ton, la procession s’ébranle. Plus de sons discordants, plus de pas hésitants. L’ordonnencement des bagadoù est précis et le pas n’est pas sans rappeler un défilé militaire. Dans un bel ensemble les musiciens exécutent leurs partitions. La musique s’élève, aérienne, pure, poignante. Elle prend au cœur et aux tripes. La Celtie entière se retrouve unie et c’est d’un même mouvement que, tel les enfants de Hamelin, nous suivons cornemuses, binious et bombardes, emportés par leur chant puissant.

A chacun sa photo souvenir

La foule hétéroclite grossit tout au long du parcours. Les korollerien exécutent des pas de danse rythmés par la musique et le public qui bat la mesure. Les plus jeunes ont des points d’observation plutôt insolites. Cela va de la poussette surélevée, aux épaules des parents, en passant par les abri bus et les platanes où ils se tiennent parfois en équilibre précaire.

Durant cette heure de défilé, toutes les barrières se sont effondrées : l’âge, le sexe, la langue… Plus rien ne compte. Tous et toutes se reconnaissent dans cette musique, dans cette culture. Ils ont le sentiment de faire parti d’un tout. Ce triomphe n’est pas seulement celui des sonneurs. C’est celui de la Celtie toute entière.

Malika GROGA BADA, Côte d’Ivoire

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Asseyons-nous près de lui

Un drapeau breton recouvre encore la statue de Polig Monjarret. Autour d’elle, se presse une foule nombreuse de Bretons et de sonneurs de cornemuses et de bombardes. Dimanche 3 août, sur la place de Lorient qui porte son nom, ses trois filles ont dévoilé la statue du père spirituel du Festival interceltique.

L'inauguration de statue de Polig Monjarret

L'inauguration de statue de Polig Monjarret

Assis sur un banc, le musicien accueillira tout le monde, comme il le faisait durant sa vie. On peut s’asseoir près de lui, sur son banc, comme auprès d’un ami.

On ne peut pas parler du Festival interceltique sans parler de Polig Monjarret. Les Bretons lui sont redevables de son engagement exceptionnel, au service de la musique, plus généralement de la culture et de l’identité bretonne. Afin d’honorer la mémoire de cet homme, l’association des Amis de Polig Monjarret a fait réaliser une œuvre d’art à son image. Originale et ambitieuse, la statue créée par Bernard Polet est le reflet de cet artiste hors du commun.

C’est grâce à lui que de nombreuses fêtes traditionnelles de Bretagne existent encore. On ne peut pas rester indifférent à ce que Polig Monjarret s’inverstisait pour l’identité culturelle de Bretagne.
Né en 1920, il s’est consacré à la fin de la Seconde Guerre Mondiale à la création de Bodadeg ar Sonerion, pour regrouper les musiciens traditionnels, notamment les joueurs de biniou. Il a su convaincre les autorités politiques et administratives de l’époque, de financer la construction du conservatoire régional de musique bretonne, près de Lorient. Ainsi, des centaines d’associations, représentant plusieurs dizaines de milliers d’adhérents, continuent à vivre en Bretagne.

Les festivalier en l'honneur de Polig Monjarret

Les festivalier en l'honneur de Polig Monjarret

Ses goûts pour la fête l’ont poussé à participé au jumelage d’une centaine de villes bretonnes avec leurs cousines irlandaises. Des échanges avec les pays celtiques, la Bretagne a gagné une richesse et une force d’attraction que beaucoup de régions de France et d’Europe lui envient.

ZHANG Chi, Chine

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Photos : costumes celtes de la grande parade

Quelque 60 000 spectateurs ont suivi le parcours de la grande parade annuelle, malgré la pluie. Les 72 groupes ont défilé durant trois heures. 3500 Espagnols, Australiens, Gallois, Ecossais, Irlandais, Bretons ont dansé et sonné dans leurs costumes traditionnels. Découvrez quelques photos d’un défilé coloré.

Kim Gjerstad, Canada

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En famille au festival

Laurent, 56 ans, vient de Saint-Étienne et se retrouve à Lorient pour passer une partie de ses vacances. Bruno et Matthias, ses deux fils qui habitent Paris découvrent le Festival interceltique auquel participe pour la cinquième fois leur père. Laurent est menuisier. Il y a quelques années, un de ces clients lui a parlé du festival. Il y participe pour la première fois en 2003, et depuis, il ne manque pas une seule édition.

« Cette année, j’ai fait venir mes enfants pour leur faire découvrir cet événement. C’est une occasion de se retrouver en famille et dans une très bonne ambiance. Je trouve que l’atmosphère est tout simplement superbe… La musique, les costumes et instruments traditionnels, dix journées de fête et de culture magnifiques. »

Le plus grand intérêt de Bruno c’est la cornemuse. Il avait déjà entendu parler de cet instrument et écouté des enregistrements mais il a, pour la première fois, l’occasion de l’entendre en live. « J’aimerais apprendre à jouer à la cornemuse mais je me demande combien de temps ça prend pour maîtriser cet instrument… Si cela est possible, je m’en achèterais une que je ramènerais avec moi à la maison… »

L’ambiance, les nouvelles rencontres, Matthias trouve lui aussi son compte. « Les gens sont sympathiques et c’est vraiment la fête » dit-il. Il n’a pas su résister à la tentation d’acheter quelques disques et un poncho sur lequel est imprimé un énorme dragon, emblème du Pays de Galles. Son stand préféré c’est « Mémé patates » : On y propose une variété de plats à base de pommes de terre.

« L’année dernière, il faisait beau. Moins de pluie et donc beaucoup plus d’ambiance et de monde », regrette Laurent « malgré la pluie et le mauvais temps la fête est quand même au rendez-vous, et c’est qui importe le plus. »

Bruno et Matthias projettent de repasser par Lorient l’année prochaine. Deux festivaliers qui vont sans doute s’ajouter à la longue liste de ceux qui font le déplacement tous les ans, pour une communion avec la culture celte.

Cédric Kalonji, Rép démocratique du Congo

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Sous la pluie, une ambiance magique

Le Festival interceltique de Lorient propose tout les soirs un voyage fascinant dans le monde des Celtes : les Nuits magiques. Dimanche soir ce spectacle c’est avéré réellement magique. Un amateur du festival se demandera pourquoi voir ce spectacle par un temps de chien ? Pour une habituée comme Aurélie, 25 ans, de Lorient, c’est très simple : « Je ne veux pas dire que je suis émue par ce spectacle, mais c’est beau ! Et puis c’est nous, on est Bretons, et on s’y retrouve dans ce spectacle ». Tiphaine, son amie Lorientaise, nous expliquera très brièvement « C’est notre culture ».

Tiphaine (25), Erwan (23) et Aurélie (25), trois Lorientais aux Nuits magiques

Tiphaine (25), Erwan (23) et Aurélie (25), trois Lorientais aux Nuits magiques

Des haut-parleurs retentit une information : «Chers spectateurs, nous attendons la fin de cette ondée pour commencer le spectacle». Le retard ne pèse pas sur l’ambiance festive qui règne dans les tribunes. Le temps d’attente est également l’occasion de comprendre l’importance du festival pour les habitants de Lorient. «J’ai grandi avec ce festival. Mes parents me l’ont transmis. Lors du festival on en profite pour se retrouver entre amis, car la plupart rentrent durant cette période», dit Erwan, un Lorientais de 23 ans.
Pour défier la pluie, et sans doute se réchauffer un peu, les festivaliers savent s’y prendre. C’est alors une « ola » qui se met en place et qui fait plusieurs fois le tour du stade. L’ambiance atteint son sommet lorsque les lumières s’éteignent et que le public lâche en chœur un « ah » et se met à applaudir le début de ce spectacle. Ce soir, la magie n’est pas uniquement sur scène.

Navina KADEN, Allemagne.

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Festival de pourboires

Le premier samedi du festival… Des centaines de personnes traversent les rues, chantent, boivent, s’embrassent. Malgré l’affluence, la nuit au Cohiba Café n’a pas encore commencé. Une grande partie des tables sont vides. Seulement une vingtaine de clients qui bavardent. Dans le bar voisin, les festivaliers chantent « Santiago ». Les clients du Cohiba Café les accompagnent tranquillement.
Bientôt, l’ambiance va changer. Parce que pendant le Festival Interceltique, la vie explose dès que la musique commence. Les musiciens entrent en scène à 23 h 30. Cheveux longs, air rebelle, pantalons en cuir : ils ressemblent à un groupe des années 80. Ils s’appelent « Entre terre et mer » et ne s’affichent pas encore au Top 10. Mais parmi eux, un sonneur de cornemuse : dès ses premières notes, la foule se rassemble devant le Cohiba Café et les tables se remplissent !
En fait, le Cohiba Café est l’un des nombreux bars qui profitent du Festival Interceltique de Lorient. Cette année, environ 700 000 personnes vont visiter la ville du 1er au 10 août . Selon les officiels du festival, les bars et les restaurants feront trois mois de recettes en dix jours. Les témoignages des serveurs confirment cette estimation. Une serveuse explique que le festival est la période la plus occupée de l’année. « Mais je ne me plains pas », dit-elle en souriant, « plus de monde signifie plus de pourboire. Pendant le festival je gagne beaucoup beaucoup plus qu’avant ».
Vers 2 h du matin, le concert est fini. Mais les gens ne partent pas. Il pleut mais les jeunes, les adultes, mêmes les familles sont là et continuent à s’amuser. Tous les bars du centre-ville sont encore très animés.

Pinar Ersoy, Turquie

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