Lundi 14 h, au Palais des Congrès a lieu le 12e concours international de Piobaireadchd. Pio…quoi ? Certes ce mot gaëlique ne figure pas parmi les plus simples à prononcer. Cette musique écossaise, née au XVIe siècle sur l’Ile de Skye en Ecosse, est plus connue sous le nom de «Pibroc’h»
Retour à notre compétition. Un curieux se demandera s’il a fait le bon choix. Est-ce bien raisonnable d’assister à un spectacle où la majorité du public semble somnoler dans ses fauteuils ? La salle est plongée dans le noir, la scène est éclairée par une lumière douce. Une fois installé, notre cher débutant de Pibroc’h comprendra très vite l’état de « fatigue » du public. Très vite il sera lui même… transcendé par le bourdon de la cornemuse.
Après deux heures de spectacles Andrew Hunter, animateur de ce concours et expert de la musique écossaise, intervient : « Comme vous l’aurez sans doute remarqué, cette musique écossaise suscite beaucoup d’émotions. C’est assez épuisant. Aussi allons nous faire une pause de dix minutes ». D’accord!
Intrigué par le caractère très particulier du Pibroc’h, le public profite pour commenter les différentes prestations. Pour Gilles et Jacqueline, amateurs de Pibroc’h depuis le dernier Festival interceltique, la singularité du Pibroc’h réside dans son authenticité. Pour Jacqueline, la musique va bien au-delà des notes: « C’est une forme de spiritualité. Je vis un voyage dans le monde des Celtes, dans les Highlands écossais. Mais je dois avouer que cela me transporte bien plus loin. A un moment, je ne savais même plus où j’étais », on lui prête une oreille attentive, « A cela s’ajoute la vibration enveloppante de la cornemuse».
La pause est finie. Andrew Hunter annonce le prochain musicien : Jacob Dicker, 19 ans, originaire du Canada. Son interpretation de « Bells of Perth », un air traditionel, est impressionnant. A la sortie de scène Jacob Dicker raconte, en sueur, qu’il a commencé à jouer de la cornemuse à l’âge de 5 ans et qu’il pratique le Pibroc’h depuis trois ans. Ce qui l’a tellement épuisé ce n’est pas seulement la représentation durant une quinzaine de minutes, mais surtout la technique des doigts, extrêmement difficile.
Après cinq heures de spectacle et une performance décevante de Hervé Le Floch, lauréat de 2007, nous retrouvons Jacqueline. « Fatiguée ? Au contraire, je pourrais même recommencer », dit-elle pleine d’énergie. Son favori? Elle préfère pas répondre « Je ne sais vraiment pas. Nous sommes des amateurs, Gilles et moi. Nous manquons de connaissances techniques pour pouvoir juger les musiciens. Ce qui est certain c’est que Hervé Le Floch ne se trouvera sûrement pas dans le classement ». Avec un CD en main elle s’en va à la quête d’une dédicace. Pour son pronostic elle aura eu raison. Hervé Le Floch ne figurera pas dans le classement, en revanche c’est notre jeune canadien Jacob Dicker qui remporte la première place.
Navina KADEN, Allemagne.




















