Archive pour août 6, 2008

Jean-Pierre Pichard, grand maître des « Nuits magiques »

Jean-Pierre Pichard, directeur général honoraire du 38e Festival Interceltique

Jean-Pierre Pichard, directeur général honoraire du Festival Interceltique

Né en 1945 à Châtellerault, ville de l’ouest de la France, Jean-Pierre Pichard, ex-directeur du Festival Interceltique de Lorient, ne joue pas les vedettes. Il est pourtant l’un des grands maîtres d’œuvre des manifestations en France.

Jean-Pierre Pichard, breton jusqu’aux tréfonds, a été hérité la passion pour la musique bretonne de sa grand-mère, née dans une famille pauvre à Lorient. « Quinze personnes sont dans une petite salle. On doit manger de la soupe et du pain toute la semaine. Au week-end, le repas a été agrémenté d’oreilles de cochon », raconte-t-il, « Ma grand-mère ne sait pas écrire. Elle est allée à l’école pendant six mois. Elle a dû travailler à huit ans dans une ferme. Mais elle est très intelligente. A dix-huit ans, elle a travaillé à Paris comme d’autres jeunes femmes à cette époque. Elle m’a dit beaucoup sur les comportements des Parisiens à l’égard des Bretons ». Après la guerre mondiale, les traditions bretonnes ont été méprisées et étiquetées à droite. Jean-Pierre Pichard a décidé de redresser aux Bretons la fierté de leur culture.

Jean-Pierre Pichard était secrétaire de Bogaded Ar Sonerion, fédération de plusieurs milliers de musiciens bretons. En 1972, il intègre le festival de Lorient qui se transforme en Interceltique. Après 35 ans à la tête du festival, en 2007, Jean-Pierre Pichard a décidé de prendre une retraite bien méritée. Il est connu aujourd’hui en tant que directeur général honoraire du festival et responsable des « Nuits magiques », le plus grand spectacle du festival qui attire en août plus de six cents visiteurs. Jean-Pierre Pichard est aussi connu comme professeur au Conservatoire régional de musique.

Jean-Pierre Pichard nous a parlé de l’histoire du Festival Interceltique et du spectacle « Nuits magiques ».

Extraits d’audio

Thu Hà TRAN, Vietnam

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Au fest-noz, les Frères Morvan ont mis le feu

Le fest noz

Des centaines de personnes dansent au fest-noz mardi soir

23 h 15, salle Carnot. On tourne en rond sur de la musique bretonne et on se concentre. Il s’agit du fest-noz qui a lieu dans le cadre du Festival interceltique de Lorient. L’air dans la salle est étouffant, la chaleur suffocante, mais on s’amuse. La danse actuellement pratiquée au milieu du gymnase ? « Alors moi, je m’y connais pas du tout, mais c’est sympa à voir », avoue Solange, bénévole au festival, « en revanche, je sais que les prochains artistes sont super ». 23 h 30, un coup d’œil sur le planning des artistes qui défileront sur scène ce soir. Une festivalière passe à côté de nous : « Franchement reste, ce sont des stars de quatre-vingts ans qui vont monter sur scène » dit-elle à une amie. Les stars de quatre-vingts ans s’appellent les Frères Morvan. Ces vieux paysans, âgés de 77 et 85 ans, cartonnent sur scène. Lorsqu’ils font leur entrée, le public fond vers la scène pour les acclamer, les photographier ou les filmer. Il semble s’agir du plus ancien “boys band” sur terre.

Geneviève et Jean habite à quelques mètres de la salle Carnot. Pourquoi ne dansent-ils pas ? « J’aurais aimé apprendre si j’étais plus jeune, mais là, on est plus dans l’âge », explique-t-elle en souriant. « Je ne suis pas là pour danser, je suis venue voir mes filles de 17 et 18 ans », explique Nicole, assise sur sa chaise. Martine, , revient de la piste de danse. En sueur et essoufflée, elle parle à une copine. « C’est très physique de danser comme ça ! ».

Sur la piste de danse se sont formés deux cercles. Les danseurs tous âges confondus se tiennent par la main et pratiquent un pas de danse très particulier. Jean-Charles quitte l’un des cercles. Ce professionnel de la danse bretonne n’habite plus à Lorient, mais revient chaque année au festival. Pour lui il ne s’agit pas seulement d’un plaisir de danser, « c’est un sentiment d’appartenance que je ressens ». Un sentiment d’appartenance qui semble dominer chaque soir au fest-noz du Festival interceltique.

Navina KADEN, Allemagne.

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Lisardo Lombardia : une identité culturelle pour de nouvelles générations

L’Asturien, Lisardo Lombardia est à la tête du Festival interceltique de Lorient. Mardi 5 août, nous avons pu interviewer ce nouveau directeur général, qui a pris son poste depuis l’an dernier.

Originaire de l’une des deux régions celtiques d’Espagne (1), Lisardo Lombardia n’est pas un « étranger » au festival. La premier fois qu’il a travaillé avec la délégation du Festival interceltique, c’était en 1985. Il a été pendant vingt-deux ans membre du comité organisateur du festival et délégué des Asturies.

Avec cette relation étroite, il n’a pas pu refuser de prendre la suite de Jean-Pieere Pichard, l’ancien « géant » du festival, qui lui a cédé sa place de directeur général.

Mardi 5 août, nous avons interviewé Lisardo Lombardia, le directeur générale du 38e Festival interceltique.

L'Asturien, Lisardo Lombardia n'est pas un étranger au Festival interceltique.

« Etre le directeur d’un festival, c’est clairement devoir réagir avec beaucoup de maturités», dit-il.

D’abord, il doit s’occuper des projets. Puis, connaître ce qui se passe dans les différents pays celtiques. Troisièmement, établir des coordinations pour que le festival marche bien.

« Je ne suis pas venu ici seulement pour gérer les organisations en tant qu’entrepreneur », explique-t-il. Pour lui, le festival est d’abord un projet, une chance culturelle, une fierté de l’héritage celtique.

Ouverture et espérance
Quel changement ce nouveau directeur apportera-t-il au festival ? « Vieil homme » de la culture, il ne veut pas faire la « révolution », mais organiser un festival plus « ouvert ».

Pour sélectionner les artistes, il voyage beaucoup, en Bretagne ainsi qu’à l’étranger. Il les écoute, les suit, assiste à leurs concerts et tient compte des réactions des spectateurs. « Les nouveaux créateurs sont toujours des gens de talent. Nous en cherchons en Bretagne et à l’extérieur. On en trouve beaucoup. »

C’est ainsi que les festivaliers de Lorient peuvent connaître de nouvelles musiques. En plus, cette ouverture à d’autres pays lui apporte des contacts avec des institutions capables de s’investir dans de festival.

En tant que directeur général d’une fête à la fois régionale, nationale et internationale, il est fier de ce qu’il a fait. D’après lui, le festival est plus qu’un festival, c’est d’abord une excellente équipe capable de réagir vite. « Notre objectif : être très attentif à tout ce qui se passe, donner des projets aux nouvelles générations. »

Aujourd’hui alors que le Festival interceltique est très connu en Espagne, son pays natal, Lisardo Lombardia exprime quand même un regret : il voudrait trouver de l’argent pour couvrir le Stade de moustoir, pour que la pluie ne noie plus les « Nuits magiques ».

(1) Les deux régions celtiques d’Espagne : les Asturies et la Galice

ZHANG Chi, Chine

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En Chine comme au Congo, l’identité culturelle en phase d’extinction !

Ambiance de fête

Ambiance de fête

Le 38e festival interceltique célèbre l’identité culturelle. Cette année le Pays de Galles est à l’honneur. Les costumes et instruments de musique font revivre les cultures celtiques. Par comparaison, Chi s’attriste de ce que devient son pays. Cette étudiante chinoise assiste au festival avec un double regard : celui du journaliste qui observe les faits, les spectacles et autres activités culturelles, mais aussi celui d’une Chinoise qui regrette la perte de son identité. « Je me demande si aujourd’hui les Chinois ont une identité culturelle » s’interroge- t-elle avec chagrin. « Nous avons perdu notre identité culturelle, surtout dans les grandes villes ». Face à l’évolution technologique, Chi trouve que la Chine est plus portée vers les innovations, les nouveautés au détriment de sa culture. Dans la plupart des spectacles, il faut de plus de l’innovation.
Avant de se lancer dans le journalisme, elle a travaillé en Chine dans l’organisation des festivals. « Dans mon pays, lorsqu’il y a un festival, il ne faut pas présenter aux gens leur culture, plutôt chercher quelque chose de nouveau qui puisse les attirer et les impressionner. Sinon personne ne viendra » explique-t-elle avec amertume.
Chi regrette que le peu de festival chinois aient perdu de leur côté festif. Des festivals qui ne durent d’ailleurs que deux heures.
L’ambiance du Festival interceltique la rend aussi amère. Cette ambiance où les festivaliers parlent avec des inconnus et font la fête est difficile à trouver dans son pays. « Ici il y a de l’ambiance, les gens se parlent, ils sont venus pour s’amuser. Dans mon pays, il faut chercher comment créer l’ambiance pour que les gens se sentent à l’aise, se parlent. En Chine, les gens ne se parlent plus du tout ». Chi, craint une disparition prochaine de la culture chinoise et de ses traits spécifiques. « On voit des photos sur la Chine, mais ce n’est pas la culture chinoise. » précise t-elle. « Et ce n’est pas parce qu’on se photographie en France qu’on présente la culture française. Ce n’est pas parce que des photos présentent la Chine que l’on est en face de la culture chinoise. ». Chi est de plus en plus attristée de constater qu’en Chine, « les conservatoires ne s’intéressent pas à la musique chinoise. Ils ne s’intéressent pas à cette musique comme élément culturel, plutôt parce les étrangers l’apprécient ».
Ce festival aura laissé en Chi le goût amer de sa Chine en perte de vitesse culturelle face à l’avancée technologique qui repousse davantage le passé vers les oubliettes. Sentiment partagé également par beaucoup d’Africains qui sentent que l’Afrique est en phase de perte de ses repères culturels. En République Démocratique du Congo par exemple, très peu de jeunes s’intéressent à leur origines.

Jacques MATAND, République Démocratique du Congo

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Tous les bienvenus au Festival interceltique de Lorient

Touristes, commerçants, artistes invités, ils sont plus de 700 000 en moyenne tous les ans à se côtoyer dans les rues de Lorient dans une ambiance des plus festives. Cette affluence inhabituelle constitue une tribune pour des artistes pas toujours connus qui trouvent là une occasion d’exposer leur talent aux yeux des participants du festival de tous âges, et de plusieurs pays différents.

Parmi ces festivaliers un peu particuliers que l’on croise dans les rues bondées de Lorient, il y a un « homme-robot », couvert de peinture grise, effectuant des mouvements lents et laissant entendre un bruit strident, semblable à un frottement de métal rouillé à chaque fois qu’il entend le son d’une pièce de monnaie dans son chapeau.

Le vendeur de ballons gonflables fait lui aussi de bonnes affaires. Ses très jeunes clients semblent apprécier toutes les formes qu’il réalise en réunissant plusieurs ballons de couleurs différentes. Un chien vert et jaune pour un de ses clients qui s’en va en courant le montrer à ses parents et un palmier au tronc bleu et aux palmes vertes pour un autre qui, tout fier de sa nouvelle acquisition disparaît dans la foule en sautillant.

Un peintre brossant un portrait du "Che" les yeux bandés

Un peintre brossant un portrait du "Che" les yeux bandés

Si certains monnaient leurs « services », d’autres se contentent des applaudissements de l’assistance. C’est le cas ce peintre qui brosse un portrait du « Che » les yeux bandés.

Cédric Kalonji, Rép. démocratique du Congo

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Idir, la Kabylie en Bretagne

C’est dans la salle archicomble de l’Espace Marine que le chanteur kabyle Idir a invité la Bretagne mardi soir durant deux heures. Assises au premier rang, deux jeunes Bretonnes expliquent leur choix du concert d’Idir plutôt que d’autres manifestations qui se déroulent au même moment ailleurs : « J’aime son style de musique, il est chaleureux et original », dit l’une pendant que l‘autre renchérit : «  Je l’ai vu en concert à Quéven et l’ambiance donne vraiment envie de bouger, c’est une ambiance de fête ».

La première partie du spectacle est assurée par la Bretagne avec le Trio Empreintes. Le groupe interprète des chants et des musiques bretonnes qui ne laissent pas le public indifférent. Le parquet de la salle a vibré sous les pas de danse bretonne esquissés par la cinquantaines de personnes qui se sont ruées sur la piste.

Idir, qui était très attendu, entre enfin en scène, salué par de chaleureux applaudissements. L’artiste présente alors brièvement son programme « Le temps d’une soirée, nous allons vous montrer l’une des cultures principales de l’Afrique du nord, la culture berbère ». Il entame alors son concert avec des chansons nostalgiques.

Idir saisit l’occasion des intermèdes pour expliquer la mythologie et les thématiques de ses chansons et poésies. Il chante la tolérance et la lutte contre toutes les formes d’extrémismes.

Changeant de mélodies, il allie musique douce et rythmée. Il transporte son public captivé dans les hautes montagnes de sa Kabylie natale. Idir rend hommage à son défunt ami assassiné en juin 1998, l’artiste engagé Matoub Lounès à qui il dédie une chanson.

Son programme inscrit aussi deux duos avec le bagad de Lorient et avec le Trio Empreintes. Les instruments bretons alliés aux sonorités berbères ainsi qu’une osmose des voix. Cela a surtout incité le public à déserter les sièges pour mieux se sentir sur la piste.

L’espace d’une soirée, l’art d’Idir a été le lieu d’un dialogue entre les Bretons et les Berbères.

Feriel Oumsalem, Algérie

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« La Bretagne et la Kabylie se marient bien »

Mardi 17 h, à quelques heures de son concert, Idir donne une conférence de presse au Palais des Congrès :

Comment s’articule le spectacle de ce soir ?

Idir : J’ai prévu des chants à thèmes avec une ambiance de fête. Le spectacle dure une heure et demie à deux heures, tout dépend des spectateurs (dit-il en souriant). Il y aura aussi un moment avec le bagad de Lorient

Avez-vous déjà travaillé avec des Bretons ?

Idir : Oui souvent, d’ailleurs ma femme est Bretonne. J’ai aussi travaillé avec des Irlandais et des Ecossais. Entre les Bretons et les Berbères il y a de fortes affinités, les deux nations sont dans une quête d’identité bien démontrée. Le breton appartient au monde celtique comme le kabyle appartient au monde berbère. La Bretagne et la Kabylie se marient bien. La similitude des contextes historiques facilite la communication entre les deux cultures.

Y a-t-il en Kabylie des festivals comme celui de Lorient ?

Idir : Hélas non ! Ce n’est pas faute de bonnes volontés, mais les moyens n’existent pas. Le pouvoir n’encourage pas trop ce genre d’initiatives.

Quelle est votre impression sur le Festival interceltique de Lorient ? C’est votre première fois ici ?

Idir : C’est ma première fois au Festival mais pas ma première fois à Lorient. Pour mon impression je ne peux pas répondre, je n‘ai encore rien vu, je suis arrivé aujourd’hui.

Feriel Oumsalem, Algérie

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Le festival: une famille qui nous accompagne

Claude Lasbleiz, en breton « tueur de loups », est un des nombreux bénévoles au Festival interceltique de Lorient. Cet ancien journaliste prend en charge ses confrères et s’occupe du bien-être des VIP. Au sujet des

Claude Lasbleiz et l'ancien directeur de la Nasa

Claude Lasbleiz et l'ancien directeur de la Nasa

VIP il se permettra une petite blague « les very important people, les VIP, les vieilles pies ». Tout au long de ses propos, Claude Lasbleiz est très passionné. Son emploi du temps est bien chargé, mais il ne s’en plaint pas, « Moi j’adore avoir durant dix jours pleins de petits détails à régler, ne serait-ce qu’indiquer le chemin à un festivalier ». Au quatrième jour de ce festival, Claude Lasbleiz a le sourire au lèvre, car les échos qu’il a entendu sont très positifs : « Le Ministre des finances du Pays de Galle a été très emballé. Malheureusement il n’aura que pu rester trois jours, mais pour lui le festival, ce sont également des retrouvailles ». Lors de l’entretien, il soulignera non seulement la nécessité de personnalités importantes, mais aussi celle des journalistes. « Ils sont primordial les journalistes sur le site du festival. Nous avions par exemple un journaliste canadien sur le site. Le fait qu’un jeune canadien gagne le concours de Pibroc’h, ça sera relaté par ce journaliste. Pour le festival c’est, absolument génial», dit-il avec plein d’enthousiasme. A coté de la gestion des relations presse et VIP, la mission de Claude Lasbleiz est la même que pour la plupart des bénévoles. « Il faut garder en bonne santé cet enfant qui est devenu adulte ». Est-ce que la mission est réussie au bout de quatre jours ? On dirait que oui. « En dépit du mauvais temps des premiers jours, on remarque une forte affluence, les gens se plaisent ici et, à mon avis, c’est une très bonne édition ». A ce sujet, il se souvient du défilé de la Grande Parade il y a quelques années. « Cette année là il pleuvait des chiens et des chats, comme dirait un écossais et la parade n’a pas été annulée. En revanche, ça a rapproché les gens. La parade défilait et le public applaudissait les différents groupes. Lorsque les bagadous ne jouaient pas, ce sont eux qui ont applaudi le public », raconte-t-il les yeux remplis de larmes. Mais ce n’est pas seulement cette anecdote qui émeut Claude Lasbleiz. Le festival, pour lui, c’est une famille qui l’accompagne depuis 38 ans.

Navina KADEN, Allemagne.

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Cuisine, musique et ring de boxe

“Concours Kitchen Music Lancelot, accès libre”. Le programme ne donne pas plus d’informations. Kitchen Music ? Il s’agit sûrement de musiques exécutées avec des instruments de cuisine !
Au centre de l’espace Bretagne, où se tient le concours, un ring. Mazette ! J’avais oublié le côté “Lancelot”. Il s’agirait donc de joutes… Encore mieux que ce à quoi je pensais : des combats à coups de passoire, de spatules en bois ou des lancers de poêles à frire.
Juchée sur un banc de fortune, je trépigne et lorsque les deux animateurs font leur entrée, j’applaudis à tout rompre. La présentation du concours est succinte : le jury, c’est le public. Et sans plus tarder, les présentateurs introduisent le premier concurrent. L’homme fait son entrée, escorté par les déhanchements des pipe girls (prononcez païpe) et les vivas de la foule. Les yeux comme des soucoupes, je remarque son kilt et sa cornemuse. Eh non ! Ni combat, ni lancers de cuillers, il s’agit d’un banal concours de musique.

Victoria Grant. L'écossaise, était la seule concurrente du concours

L'espace Bretagne a refusé du monde

Robert Watt, troisième du concours

Banal ? Pas tant que ça ! Chacun des dix candidats a ses astcuces pour “amadouer” les juges. Ian Robertson procède à un lancer de carambars, Cédric Le Bozec de cacahouètes… Les uns à la suite des autres, avec dextérité, les concurrents exécutent des airs enlevés qui nous font battre la mesure, chanter ou danser. Pour la plupart habitués du FIL, ils viennent du monde entier. De Bretagne bien sûr, mais aussi d’Irlande, d’Ecosse, du Pays de Galles et même d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

Mathew Supranowicz, le jeune concurrent australien

Fin du concours, le jury rend son verdict. Le gagnant est Andrew Carlisle, d’Irlande. Dommage, dommage ! Ce n’était pas mon candidat, mais j’applaudis quand même. Le jeune Supranowicz a tout le temps de devenir champion.

Le public se disperse et je rentre vers la salle de rédaction. C’est vrai, le Kitchen Music Lancelot n’était pas ce à quoi je m’attendais. Mais, au fond, c’est mieux qu’assister à des pugilats, non ?

Ps : Lancelot est une brasserie bretonne. Décidément, j’avais tout faux !

Malika GROGA BADA, Côte d’Ivoire

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ETEM

Etem, après sa prestation au Cohiba Café

Etem, après sa prestation au Cohiba Café

Pour ceux et celles qui aiment le rock folk à la sauce bretonne, ne manquez pas l’occasion de voir Entre Terre Et Mer. Ils sont arrivés, en trois notes de cornemuse, à faire d’un bar désert le lieu le plus chaud de la rue Jules-Ferry. Si vous ne les avez pas vu au Cohiba Café, il n’est pas trop tard. Ils se produisent au Admiral Benbow Pub les 6 et 7 Août. Et pour en savoir plus sur le groupe : www.myspace.com/groupeetem

Malika GROGA BADA, Côte d’Ivoire

Navina KADEN, Allemagne

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Gilles Servat devenu griot conte l’Irlande à Lorient

Gilles Servat, mardi le 5 août à Lorient.

Gilles Servat, mardi le 5 août à Lorient.

L’auteur-compositeur-interprète breton Gilles Servat s’est converti en conteur pour le festival interceltique. Devant une soixante d’enfants et d’adultes, il conte une légende irlandaise accompagné de deux musiciens. Durant près d’une heure, Servat se montre habile sur scène. Mélangeant féerie, drame et comédie, le doux Breton emporte son public dans un passé médiéval.

Deux tribus se disputent le droit de manger un cochon « large comme neuf hommes ». Servat n’hésite pas à faire appel à l’auditoire : « Après moi, faites des ah! et des ha! de surcroît ! » Le griot fait usage de sa voix pour imiter guerrier, dame, amante, honteux et peureux. Les enfants rient, les parents aussi et les grands-parents suivent.

Un guitariste et une accordéoniste marque les entractes. Le pouls du public se fait entendre par ses clappements encouragés par Servat. Le spectacle se termine sur une chanson dédié au cochon.

Barbu et crinière grise, Gilles Servat est un célèbre défenseur de la culture bretonne. Tout d’abord par ses chansons, mais également par ses livres de science-fiction, Servat s’illustre depuis presque 40 ans.

Kim GJERSTAD, Canada


Ecoutez Blanche Hermine, le premier succès du musicien :

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Antwn Owen Hicks, chef de la délégation du Pays de Galles

Chef de la délégation galloise et musicien, Antwn Owen Hicks partage ses impressions sur son pays et sa visite à Lorient. Sa nation est à l’honneur de la cette 38e édition du festival interceltique.

Antwn Owen Hicks, chef de la délégation galloise.

Antwn Owen Hicks, chef de la délégation galloise, travaille à renforcer la culture galloise

Il a beaucoup plu cette semaine. Il pleut aussi chez vous ?

[Rires]. Bien sûr. Un vieux m’a dit hier : « On a emmené la pluie car on adore cette température ! »

Vous êtes invités d’honneur cette année. Quel message avez-vous emmené à Lorient ?

Tente du Pays de Galles.

Le plus gros pavillon du festival, celui du Pays de Galles.

Nous voulions avant tout montrer nos artistes, musiciens et peintres à un public international. C’est une expérience que plusieurs n’ont pas encore vécue.

Lorient est également un tremplin pour les musiciens. Nous voulons offrir cette opportunité à nos talents.

Finalement, nous voulons faire découvrir le Pays de Galles aux étrangers. Le tourisme est important pour notre économie et nous espérons l’encourager ici-même.

Et le rugby, il est totalement absent de votre pavillon. Pourquoi ?

Nous privilégions nos artistes jeunes et contemporains dans l’espoir également de changer l’image de notre nation. Ça va de même pour nos célèbres choeurs masculins. Ils sont importants, mais nous voulons mettre nos jeunes en avant.

L'orchestre folklorique du Pays de Galles.

L'orchestre folklorique du Pays de Galles, une récente création

Comme ceux de l’orchestre folklorique ?

C’est l’exemple parfait. Vous savez, l’orchestre est tout nouveau et composé d’amateurs. C’est incroyable de voir qu’une telle formation se soit constituée et joue maintenant devant une salle complète à Lorient !

Une révolution culturelle semble avoir lieu au Pays de Galles. Décrivez-nous ce renouveau.

On la qualifie de renaissance, ou « Dadeni ». Depuis 20 ans, le Pays de Galles se réveille. Nous avons un parlement indépendant. 40% des jeunes parlent le gallois contre 20% chez les adultes.

Nous avons été longtemps une nation conquise, assujettie, où les Gallois eux même censuraient leur langue. Ma propre grand-mère refusait d’enseigner sa propre langue maternelle à ses enfants : « Ça vous mènera nul part » répétait-elle.

Qu’est-ce qui a déclenché la renaissance galloise ?

Plusieurs facteurs. Je crois que la mise en place du parlement écossais a déclenché un sentiment qui commençait à se faire sentir. C’est n’est pas un sentiment de compétition envers les Anglais, mais plutôt celui de la prise de conscience de notre identité culturelle.

Qu’est-ce qui démarque les Gallois des autres celtes ?

En fait, nous sommes tout simplement très celtes ! Il y a une certaine passion palpable chez nous. Elle a même un nom : « hwyl ».

Où pouvons-nous voir la passion galloise, le « hwyl » ?

Allez à Cardiff, au stade Millenium, assister à un match de rugby. Alors que 75 000 spectateurs chantent l’hymne, regardez les joueurs pleurer d’émotion et dites-vous : ça c’est le sommet du « hwyl ». [Rires.]

Kim Gjerstad, Canada

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