Idir, la Kabylie en Bretagne

C’est dans la salle archicomble de l’Espace Marine que le chanteur kabyle Idir a invité la Bretagne mardi soir durant deux heures. Assises au premier rang, deux jeunes Bretonnes expliquent leur choix du concert d’Idir plutôt que d’autres manifestations qui se déroulent au même moment ailleurs : « J’aime son style de musique, il est chaleureux et original », dit l’une pendant que l‘autre renchérit : «  Je l’ai vu en concert à Quéven et l’ambiance donne vraiment envie de bouger, c’est une ambiance de fête ».

La première partie du spectacle est assurée par la Bretagne avec le Trio Empreintes. Le groupe interprète des chants et des musiques bretonnes qui ne laissent pas le public indifférent. Le parquet de la salle a vibré sous les pas de danse bretonne esquissés par la cinquantaines de personnes qui se sont ruées sur la piste.

Idir, qui était très attendu, entre enfin en scène, salué par de chaleureux applaudissements. L’artiste présente alors brièvement son programme « Le temps d’une soirée, nous allons vous montrer l’une des cultures principales de l’Afrique du nord, la culture berbère ». Il entame alors son concert avec des chansons nostalgiques.

Idir saisit l’occasion des intermèdes pour expliquer la mythologie et les thématiques de ses chansons et poésies. Il chante la tolérance et la lutte contre toutes les formes d’extrémismes.

Changeant de mélodies, il allie musique douce et rythmée. Il transporte son public captivé dans les hautes montagnes de sa Kabylie natale. Idir rend hommage à son défunt ami assassiné en juin 1998, l’artiste engagé Matoub Lounès à qui il dédie une chanson.

Son programme inscrit aussi deux duos avec le bagad de Lorient et avec le Trio Empreintes. Les instruments bretons alliés aux sonorités berbères ainsi qu’une osmose des voix. Cela a surtout incité le public à déserter les sièges pour mieux se sentir sur la piste.

L’espace d’une soirée, l’art d’Idir a été le lieu d’un dialogue entre les Bretons et les Berbères.

Feriel Oumsalem, Algérie

Un commentaire »

  1. Gozzi a dit

    Bonjour

    Albert, un Breton du terroir, un fils de paysan, né en 1934 (73 ans), nous
    raconte sa jeunesse, jusqu’à l’âge de 23 ans où il acheva son service
    militaire obligatoire en Petite Kabylie. En 1956 et 1957, cet homme bon et
    sensible participa contre son gré à la guerre dite de « pacification et de
    maintien de l’ordre », un épisode atroce qui cache bien son nom. Il est
    revenu dans sa belle province, la Bretagne, traumatisé par l’expérience
    vécue en Algérie, comme la plupart de ses camarades de régiment.

    Il témoigne, il nous dit ce qu’il a vécu : la dure vie dans le bled, les
    marches forcées sur les djebels, les ratissages du terrain, les contrôles
    des villages : Béni-Ourtilane, El-Maïn, Bouhamza, Freha, Djahnit, Ouled Sidi
    Idir, les combats, les traquenards et les atrocités perpétrées par l’un et
    l’autre camp. Mais aussi, cet homme pacifique, soumis
    aux ordres de ses supérieurs et contraint d’obéir, réprouvait dès le départ
    une guerre qu’il jugeait perdue d’avance – on ne lutte pas contre un peuple
    qui combat pour la liberté et aspire se libérer du joug de la
    colonisation -, et il ne cache pas sa sympathie pour les population kabyles
    victimes de la guerre. A ces « pauvres parmi les pauvres », les soldats
    français, qui avaient souvent faim et soif, prenaient encore leurs maigres
    réserves de nourriture, et augmentaient leur dénuement.

    Pendant qu’il « crapahutait » dans les djebels, et qu’il assistait, contre
    son gré, à des scènes pénibles, Albert fit la promesse de témoigner.

    Quarante huit années après son retour en France, il témoigne, mais, en son
    âme et conscience, il ressent toujours le poids énorme de la barbarie.
    Combien de jeunes du contingent, victimes de la guerre d’Algérie, ont osé
    témoigner ? Presque pas ! Le mal reste tapi au fond de leurs mémoires, plus
    insidieux qu’un serpent. Certains se sont suicidés, la plupart se sont tus,
    renfermant à tout jamais leurs terribles souvenirs ; ils en souffriront
    jusqu’à la mort.

    A partir du récit d’Albert, j’ai écrit un livre de témoignages Il s’intitule
    : « La Jeunesse d’Albert ».

    Ceux qui ont vu le film « Ennemi intime », apprécieront.

    Ce livre vient d’être édité chez LIV’EDITIONS, au Faouët. (56320) BP 15.

    Site du livre :

    http://60gp.ovh.net/~livediti/index.php?b=livre_fiche&id=247&PHPSESSID=7ce816ce120bdae70eb81102f5d7a6a6

    Cordialement

    Marcel Gozzi

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