Antwn Owen Hicks, chef de la délégation du Pays de Galles

Chef de la délégation galloise et musicien, Antwn Owen Hicks partage ses impressions sur son pays et sa visite à Lorient. Sa nation est à l’honneur de la cette 38e édition du festival interceltique.

Antwn Owen Hicks, chef de la délégation galloise.

Antwn Owen Hicks, chef de la délégation galloise, travaille à renforcer la culture galloise

Il a beaucoup plu cette semaine. Il pleut aussi chez vous ?

[Rires]. Bien sûr. Un vieux m’a dit hier : « On a emmené la pluie car on adore cette température ! »

Vous êtes invités d’honneur cette année. Quel message avez-vous emmené à Lorient ?

Tente du Pays de Galles.

Le plus gros pavillon du festival, celui du Pays de Galles.

Nous voulions avant tout montrer nos artistes, musiciens et peintres à un public international. C’est une expérience que plusieurs n’ont pas encore vécue.

Lorient est également un tremplin pour les musiciens. Nous voulons offrir cette opportunité à nos talents.

Finalement, nous voulons faire découvrir le Pays de Galles aux étrangers. Le tourisme est important pour notre économie et nous espérons l’encourager ici-même.

Et le rugby, il est totalement absent de votre pavillon. Pourquoi ?

Nous privilégions nos artistes jeunes et contemporains dans l’espoir également de changer l’image de notre nation. Ça va de même pour nos célèbres choeurs masculins. Ils sont importants, mais nous voulons mettre nos jeunes en avant.

L'orchestre folklorique du Pays de Galles.

L'orchestre folklorique du Pays de Galles, une récente création

Comme ceux de l’orchestre folklorique ?

C’est l’exemple parfait. Vous savez, l’orchestre est tout nouveau et composé d’amateurs. C’est incroyable de voir qu’une telle formation se soit constituée et joue maintenant devant une salle complète à Lorient !

Une révolution culturelle semble avoir lieu au Pays de Galles. Décrivez-nous ce renouveau.

On la qualifie de renaissance, ou « Dadeni ». Depuis 20 ans, le Pays de Galles se réveille. Nous avons un parlement indépendant. 40% des jeunes parlent le gallois contre 20% chez les adultes.

Nous avons été longtemps une nation conquise, assujettie, où les Gallois eux même censuraient leur langue. Ma propre grand-mère refusait d’enseigner sa propre langue maternelle à ses enfants : « Ça vous mènera nul part » répétait-elle.

Qu’est-ce qui a déclenché la renaissance galloise ?

Plusieurs facteurs. Je crois que la mise en place du parlement écossais a déclenché un sentiment qui commençait à se faire sentir. C’est n’est pas un sentiment de compétition envers les Anglais, mais plutôt celui de la prise de conscience de notre identité culturelle.

Qu’est-ce qui démarque les Gallois des autres celtes ?

En fait, nous sommes tout simplement très celtes ! Il y a une certaine passion palpable chez nous. Elle a même un nom : « hwyl ».

Où pouvons-nous voir la passion galloise, le « hwyl » ?

Allez à Cardiff, au stade Millenium, assister à un match de rugby. Alors que 75 000 spectateurs chantent l’hymne, regardez les joueurs pleurer d’émotion et dites-vous : ça c’est le sommet du « hwyl ». [Rires.]

Kim Gjerstad, Canada

2 commentaires »

  1. Tanti Dodo a dit

    Ça me donne le gout d’aller entendre chanter l’hymne gallois et de pleurer d’émotions avec les joueurs de rugby…… interview très celte… bravo! Kimi.

  2. Lachamp a dit

    Vive la renaissance du Pays de Galle et sus à l’Anglais marchand et dominateur !

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