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Yec’hed mad ! Un petit verre pour les ancêtres

Bonne santé! en breton. Les nations celtes ont débarqué avec leurs instruments, costumes, traditions culinaires sans oublier leurs boissons. La pluie n’est donc pas la seule à avoir arrosé cette 38e édition. De la bière galloise au cola breton, aperçu de sept verres qu’on pourra vous servir.

La tradition veut qu'on verse le cidre asturien en regardant droite devant. Ce jeune espagnol est encore en formation.

La tradition veut qu'on verse le cidre asturien en regardant droit devant. Ce jeune espagnol est encore en formation.

Le cidre asturien

Le cidre coule sans répit au pavillon asturien. Légèrement sucré, il est surtout sur de son année passée en bouteille. Il ne suffit pas de le boire, il faut le servir suivant la tradition.

D’abord, il faut le servir en étirant les bras, un vers le ciel avec la bouteille, et l’autre sous la ceinture avec le verre. Sans regarder ni le verre, ni la bouteille, versez en regardant tout droit devant soi. De préférence, se mettre au dessus d’un baril prévu à cet effet pour ne pas éclabousser le sol. Cette démonstration d’habilité sert à enlever le gaz du cidre, et du même coup à le faire mousser.

Une fois le quart du verre rempli, servez le cidre à votre compatriote. Celui-ci devra le boire d’un seul coup, en tâchant de laisser un fond qui servira à nettoyer le contenant. Au prochain d’utiliser le verre !

Boisson de pommes vertes, la Manzana est du bonbon pour la bouche.

La Manzana est du bonbon pour la bouche.

La pomme est dans la flasque

Attention aux dents sucrés, la Manzana au parfum de pomme verte trompe la papille. Au goût de jujube de pomme, il faut se rappeler, avant qu’il ne soit trop tard, que la boisson titre 20° d’alcool. Dans les Asturies, les dames le prennent comme digestif. A servir dans un petit verre glacé, après le repas. Si la pomme ne vous plaît pas, demandez le parfum d’abricot.

Amère et crémeuse, dans le pavillon gallois.

Amère et crémeuse, dans le pavillon gallois.

Double Dragon, une bière très welsh

« On est une nation de buveurs de bières » me dit la serveuse rousse au pavillon du Pays de Galles. Les Bretons s’y reconnaîtront. « Malheureusement, notre bière la plus populaire n’est pas disponible ici. Je vous sert alors un Double Dragon, ce qui nous avons de plus welsh ici. » Crémeuse et amère, elle est sans gaz comme la Guinness. Deux autres bières de la Felinfoel Brewery sont également servies.

Servi frais, le chouchen est sucré de miel.

Servi frais, le chouchen est sucré de miel.

Miel breton fermenté aux pommes

Si la Bretagne se distingue par son fort taux de consommation de bières en France, on y trouve également un apéritif distingué: le chouchen.

Dans un verre à champagne, on le sert très frais. Un soupçon de pomme s’ajoute au goût sucré du miel. Un arrière goût de cidre vient au nez. Disponible au bar et en bouteille!

Chocolats avec liqueur de café, gâteaux glacés avec liqueur d'herbes.

Chocolats avec liqueur de café, gâteaux glacés avec liqueur d'herbes.

Liqueurs de Galice

Les autres celtes espagnols, les Galiciens proposent deux liqueurs: une de café et une aromatisée aux herbes. Frais et sucrés, ils agrémentent les desserts après un repas aux heures tardives du pays. Le serveur Tati sous la tente galicienne explique la préparation de ces deux alcools : « On prend l’eau de vie blanche à 45°, tirée du raisin pour commencer. On la dilue pour la faire à 20° descendre qui est tout de même en y ajoutant des parfums. »

Le cola local, la seule boisson non alcoolisé en revue ici.

Le cola local, la seule boisson non alcoolisée en revue ici.

Le Breizh Cola

Après le cola du Far West, le cola du Phare Ouest. Ce soda produit en Bretagne et distribué par la brasserie Lancelot se distingue par un goût très particulier. Moins acide et moins sucré que le soda original, il est caractérisé par une légère saveur de caramel. Finalement le Breizh Cola est comme un Breton : piquant et quand même doux. « Servijit fresk tre » (« Servez très frais ») et savourez !

Kim GJERSTAD, Canada

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Pendant le festival, les restaurants se régalent

Dix jours de festival, 700 000 personnes… A Lorient, ce sont sans doute les bars et les restaurants qui en profitent le plus. Selon les officiels du festival, ils font l’équivalent de trois mois de recettes en dix jours. Les patrons nous le confirment.
Tenons, le Hue, Cocotte. M. Bichelot, gérant du restaurant situé rue Jules-Ferry, explique qu’un jour ordinaire, 50 personnes mangent à Hue, Cocotte. « Durant le FIL, on sert à peu près 250 couverts et plus de 500 verres ! » explique-t-il. Pendant le festival son revenu est multiplié par… dix ! Avec un sourire, M. Bichelot hésite à déclarer le revenu du restaurant. Il consent quand même à nous dire que le ticket moyen à Hue, Cocotte est de 16€. Un calcul simple nous montre que le restaurant fait un chiffre d’affaire d’au moins 5 000 euros par jour pendant le festival.
Les autres établissements se frottent aussi les mains. PAM PAM, un bar du centre-ville, travaille avec treize serveurs au lieu des deux qu’il emploie durant l’année. Le patron nous explique qu’ils font deux mois de chiffre d’affaires en dix jours. « On travaille beaucoup, on gagne beaucoup », dit-il.
Même McDonald’s, qui n’a « aucun problème financier », accueille quatre fois plus de personnes durant cette période. Delphine Jubin, la directrice du restaurant, explique que 2 500 à 3 000 personnes passent par le fast-food chaque jour. Ses horaires d’ouverture ont même changé : il ouvre de 7 h à 3 h du matin, au lieu de 8 h à 1 h. « On ferme parce qu’il le faut. Sinon, il y aurait du monde jusqu’aux premières lueurs du jour, explique-t-elle. C’est surtout tard la nuit que les festivaliers viennent casser la croûte ».
Par contre, certains patrons trouvent l’estimation de « trois mois de recettes en dix jours » un peu exagérée. A l’Inside Café par exemple, le patron nous explique que même s’il a plus de travail que jamais, il ne fait pas deux ou trois fois la recette habituelle. Au Saveur Sushi, le patron n’est pas trop heureux non plus, mais pour des raisons différentes : « On n’aime pas le festival, dit-il en souriant. Du moins professionnellement ! ». C’est compréhensible : au FIL, le kebab est moins cher et les repas traditionnels sont plus intéressants. « On vend moins que la semaine dernière mais je comprends », lâche-t-il blasé.
Pinar Ersoy, Turquie – Malika Groga, Côte d’Ivoire

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Festival de pourboires au Cohiba Café

23 heures, Cohiba Café, 8, place Jules-Ferry. Il pleut, il souffle un vent froid, mais c’est quand même la grande affluence. Nous prenons place à une table libre, entre deux stores qui laissent passer quelques gouttes, et jetons un regard indulgent aux clients du bar voisin qui célèbrent bruyamment leur celtitude. La serveuse, la vingtaine et plutôt accorte, s’approche de nous. Ses cheveux et son tee-shirt sont mouillés, mais pas son sourire. D’un mouvement leste du poignet, elle nettoie la table en prenant notre commande. Et lorsque nous faisons un commentaire sur le temps qui ne lui facilite pas la tâche, son sourire s’élargit : « Non, non ! Il ne pleut pas là ! C’est rien du tout ! ». Un groupe s’installe sur une petite scène et quelques minutes plus tard, nous avons de la musique, nos boissons et beaucoup plus de pluie ! Jasmine – c’est notre serveuse – a enfilé un sac plastique par dessus sa tenue et continue son service, toujours aussi efficace. Elle zigzague entre les tables, fait les comptes, sourit, danse parfois… « Ça ne me dérange pas de faire le service toute seule. Au moins ici, il y a de l’ambiance, et il fait bon. Mes collègues qui sont à l’intérieur m’envient ! », dit-elle dans un éclat de rire. Il est minuit. Avec la musique et les cocktails, nous sommes tous celtes. Entre deux commandes, Jasmine aussi : « Le festival, c’est important pour nous. Pas seulement pour les affaires. Pendant dix jours, on est vraiment nous-mêmes ! »

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