Articles Taggés Economie

Entre commerce équitable et développement durable

Le village solidaire, à côté de l’Espace marine, montre toutes les facettes du développement durable. Vous pourrez ainsi découvrir des produits de ménage écologiques, des bijoux faits de verre recyclé et même des toilettes sèches. En matière de commerce équitable, les différents stands vous permettront de faire connaissance avec une gamme de produits très riche et variée issue le commerce équitable. L’aventure village solidaire ne s’arrête pas là. Tous les jours ont lieu différentes manifestations, par exemple sur la citoyenneté et les droits de l’homme et divers concerts, comme l’accordéon expérimental ou des contes musicaux pour enfants, pour vous divertir.

Pour plus d’informations, visitez le site du Village solidaire

Navina KADEN, Allemagne

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Au village solidaire, le rêve d’Ingalan

Parmi les stands présents au 38e festival interceltique de Lorient, figure celui d’Ingalan, une association de lutte pour la promotion du commerce équitable. Selon Jean-Yves Le Mouillour, l’un des présidents, cette association lutte contre le deséquilibre des bénéfices entre les fournisseurs des matières premières et les multinationales. D’après lui, les multinationales achètent les matières premières à vil prix, mais en tirent un grand bénéfice.
Ainsi donc, l’association met en réseaux les producteurs de matières premières et les sociétés de tranformation. Jean-Yves Le Mouillour affirme que « cela va permettre à chacun de trouver son compte d’un bout à l’autre de la chaîne de production ». Ingalan vient du breton et veut dire : partage, égalité et distribution. « C’est un rêve, une utopie. S’ils ne se réalisent pas, au moins faut-il s’en approcher ».

Jacques MATAND’, République Démocratique du Congo

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Avec les journalistes d’Ouest-France, quinze jours sans compter ses heures

Jean Laurent Bras est journaliste depuis 1979. C'est son dernier festival. Il vient d'être nommé reporteur régional pour la Bretagne.

Jean Laurent Bras est journaliste depuis 1979. C'est son dernier festival. Il vient d'être nommé reporteur régional pour la Bretagne.

C’est pareil pour tout le monde… On lit Ouest-France pour se tenir au courant des événements du festival. On y trouve l’actualité du jour précèdent et le programme du soir.
Entretien avec Jean Laurent Bras, rédacteur en chef de l’édition de Lorient, pour mieux comprendre comment les journalistes préparent le journal pendant le festival. « On entre dans un tunnel de 10 jours. Personne ne compte ses heures», nous a-t-il expliqué.

A Ouest-France, combien des journalistes couvrent le festival ?
Huit rédacteurs dont cinq sont des professionnels et trois de jeunes stagiaires. Et puis trois photographes professionnels et deux secrétaires d’édition qui s’occupent de la mise en page des articles consacrés au festival.

Est-ce que c’est suffisant ?
Non… C’est même scandaleusement insuffisant [rires]. Le festival, pour nous, dure 15 jours. On commence à travailler la dernière semaine du juillet et nous continuons bien après la clôture officielle. C’est l’exercice le plus long que je connaisse.

Pendant le festival, les journalistes travaillent-ils à un rythme ordinaire ?
Pas du tout… La journée commence dès 9 h avec la conférence de rédaction et se poursuit jusqu’à 1 h du matin. Mais personne ne compte ses heures. Le premier jour, j’ai expliqué à tout le monde : « On entre dans un tunnel de dix jours. Pendant ces dix jours, on va oublier la fatigue, le repos. On prendra des congés à la fin du festival.

N’est-il pas difficile de travailler avec de jeunes stagiaires pendant un événement si important ?
Heureusement, ils ont déjà travaillé avec nous pendant le mois du juillet. Ils connaissent la ville assez bien maintenant. Ce qui est difficile pour eux, c’est l’adaptation au caractère particulier du festival. Parce qu’il faut avoir un peu de background : connaître les noms des instruments de musique, distinguer un Gallois d’un Asturien, assimiler un minimum de culture celtique. Il faut bosser, surtout sur le vocabulaire. Nous faisons le journal pour des lecteurs qui nous suivent pendant toute l’année. Si nous commettions de telles erreurs, ils nous ne pardonneraient pas !

Quelles sont les autres difficultés de la couverture du festival ?
Nous écrivons pour deux publics complètement différents. Le premier groupe connaît la culture mieux que les journalistes. Pour eux, on doit produire des articles crédibles. Le deuxième groupe est celui des festivaliers qui viennent de Marseille, de Montpellier, de Turquie, du Congo…Pour ces lecteurs, on doit produire des articles plus pédagogiques.

Les articles sur le festival sont-ils publiés seulement dans l’édition de Lorient?
Ils ont parfois une diffusion beaucoup plus large. Notre journal fait paraître chaque jour quarante éditions différentes qui comprennent des pages propres à chaque petite région de l’Ouest. Certains jours, quelques articles et quelques photos sont diffusés, soit pour toutes les régions, soit pour toute la Bretagne, soit pour l’ensemble du Morbihan, soit seulement dans les pages de Lorient.

Est-ce que les lecteurs des autres régions, qui ne sont pas de culture bretonne, sont intéressés par leur lecture ?
Pas vraiment. C’est une culture très particulière. Evidemment c’est très populaire en Bretagne. Mais dès qu’on sort de Bretagne, ce n’est plus aussi partagé.

Vous publiez chaque jour deux articles en breton et en anglais. Pourquoi ?
Le breton, c’est notre langue. Il serait bizarre de ne pas publier quelques articles en breton, au moins pendant le festival. Et puis les articles en anglais sont logiques aussi. La moitié des festivaliers parle anglais. On publie donc un article en anglais pour leur rendre service et qu’ils se disent que Ouest-France est aussi leur journal.

Alors pourquoi vous n’avez pas des articles en espagnol ?
On en avait les années passées. C’était Lisardo Lombardia qui les écrivait. Mais cette année il est devenu le directeur général du festival et j’ai perdu mon pigiste.

Est-ce qu’il y a plus de concurrence entre Ouest France et Le Télégramme pendant le festival ?
On est déjà en concurrence très forte pendant l’année. Mais le festival est un grand enjeu. Pendant le festival, environ 700 000 personnes visitent la ville. C’est une grande chance pour la promotion du journal. Et puis c’est le rendez-vous culturel de Bretagne. Il a une importance symbolique. Alors les deux journaux essayent d’être le meilleur.

Est-ce que la diffusion de l’édition de Lorient augmente pendant le festival ?
Pas autant qu’on peut le penser. Notre diffusion augmente de 20 % à 25 %. Normalement, ce devrait être plus pour un événement comme le FIL. L’augmentation n’est pas proportionnelle.

Est-ce que les tarifs de la publicité augmentent pendant le festival ? Gagnez-vous plus qu’une semaine ordinaire ?
Le prix de la publicité ne change pas et on ne gagne pas plus. C’est vrai que notre diffusion augmente. Mais, au mois d’août, beaucoup de nos lecteurs sont en vacances. Et puis, nous sommes partenaires du festival, nous avons des obligations financières. Nous considérons que nos efforts pendant le festival ne servent pas vraiment à gagner de l’argent mais à nous promouvoir.

Pinar Ersoy, Turquie

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Pendant le festival, les restaurants se régalent

Dix jours de festival, 700 000 personnes… A Lorient, ce sont sans doute les bars et les restaurants qui en profitent le plus. Selon les officiels du festival, ils font l’équivalent de trois mois de recettes en dix jours. Les patrons nous le confirment.
Tenons, le Hue, Cocotte. M. Bichelot, gérant du restaurant situé rue Jules-Ferry, explique qu’un jour ordinaire, 50 personnes mangent à Hue, Cocotte. « Durant le FIL, on sert à peu près 250 couverts et plus de 500 verres ! » explique-t-il. Pendant le festival son revenu est multiplié par… dix ! Avec un sourire, M. Bichelot hésite à déclarer le revenu du restaurant. Il consent quand même à nous dire que le ticket moyen à Hue, Cocotte est de 16€. Un calcul simple nous montre que le restaurant fait un chiffre d’affaire d’au moins 5 000 euros par jour pendant le festival.
Les autres établissements se frottent aussi les mains. PAM PAM, un bar du centre-ville, travaille avec treize serveurs au lieu des deux qu’il emploie durant l’année. Le patron nous explique qu’ils font deux mois de chiffre d’affaires en dix jours. « On travaille beaucoup, on gagne beaucoup », dit-il.
Même McDonald’s, qui n’a « aucun problème financier », accueille quatre fois plus de personnes durant cette période. Delphine Jubin, la directrice du restaurant, explique que 2 500 à 3 000 personnes passent par le fast-food chaque jour. Ses horaires d’ouverture ont même changé : il ouvre de 7 h à 3 h du matin, au lieu de 8 h à 1 h. « On ferme parce qu’il le faut. Sinon, il y aurait du monde jusqu’aux premières lueurs du jour, explique-t-elle. C’est surtout tard la nuit que les festivaliers viennent casser la croûte ».
Par contre, certains patrons trouvent l’estimation de « trois mois de recettes en dix jours » un peu exagérée. A l’Inside Café par exemple, le patron nous explique que même s’il a plus de travail que jamais, il ne fait pas deux ou trois fois la recette habituelle. Au Saveur Sushi, le patron n’est pas trop heureux non plus, mais pour des raisons différentes : « On n’aime pas le festival, dit-il en souriant. Du moins professionnellement ! ». C’est compréhensible : au FIL, le kebab est moins cher et les repas traditionnels sont plus intéressants. « On vend moins que la semaine dernière mais je comprends », lâche-t-il blasé.
Pinar Ersoy, Turquie – Malika Groga, Côte d’Ivoire

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Festival de pourboires

Le premier samedi du festival… Des centaines de personnes traversent les rues, chantent, boivent, s’embrassent. Malgré l’affluence, la nuit au Cohiba Café n’a pas encore commencé. Une grande partie des tables sont vides. Seulement une vingtaine de clients qui bavardent. Dans le bar voisin, les festivaliers chantent « Santiago ». Les clients du Cohiba Café les accompagnent tranquillement.
Bientôt, l’ambiance va changer. Parce que pendant le Festival Interceltique, la vie explose dès que la musique commence. Les musiciens entrent en scène à 23 h 30. Cheveux longs, air rebelle, pantalons en cuir : ils ressemblent à un groupe des années 80. Ils s’appelent « Entre terre et mer » et ne s’affichent pas encore au Top 10. Mais parmi eux, un sonneur de cornemuse : dès ses premières notes, la foule se rassemble devant le Cohiba Café et les tables se remplissent !
En fait, le Cohiba Café est l’un des nombreux bars qui profitent du Festival Interceltique de Lorient. Cette année, environ 700 000 personnes vont visiter la ville du 1er au 10 août . Selon les officiels du festival, les bars et les restaurants feront trois mois de recettes en dix jours. Les témoignages des serveurs confirment cette estimation. Une serveuse explique que le festival est la période la plus occupée de l’année. « Mais je ne me plains pas », dit-elle en souriant, « plus de monde signifie plus de pourboire. Pendant le festival je gagne beaucoup beaucoup plus qu’avant ».
Vers 2 h du matin, le concert est fini. Mais les gens ne partent pas. Il pleut mais les jeunes, les adultes, mêmes les familles sont là et continuent à s’amuser. Tous les bars du centre-ville sont encore très animés.

Pinar Ersoy, Turquie

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3 questions à Noël Couëdel, président du FIL

Il est 10 h 05 lorsque Noël Couëdel nous reçoit. Cheveux poivre et sel, sourire franc et regard vif. Le tout nouveau président du Festival interceltique de Lorient s’excuse d’avance : il ne pourra nous accorder qu’une heure, pris par d’autres engagements. Qu’à cela ne tienne ! Nous entrerons donc tout de suite dans le vif du sujet. Accompagné de Bernard Le Meur, vice président du festival et Claude Lasbleiz, chargé des relations avec les VIP, Noël Couëdel se prête de bon coeur au jeu des questions et réponses.

Comment s’est fait le choix des artistes et groupes présents au festival ?

Dans la programmation on cherche à allier tradition et modernité. En fait, il n’y a pas de star. C’est plutôt l’inverse : le festival crée ses propres vedettes. Le choix des artistes prend beaucoup de temps. C’est Lisardo Lombardia, le directeur du Festival interceltique, qui fait ce travail. Ce n’est pas facile. Parfois il faut suivre les artistes pendant des mois, se déplacer pour assister à leurs concerts.

Quel est le budget du festival ?

Notre budget est de 4,5 million d’euros. Nous sommes financés de trois manières : les subventions publiques, les partenaires privés (plus de 200) et nos propres recettes, provenant d’environ 140 000 d’entrées payantes, sur 600 000 festivaliers. Mais le Festival doit faire face à une très forte diminution des subventions du ministère de la Culture.

Comment se présente cette 38e édition ?

On attend autant de visiteurs que l’année précédente, dont un tiers nous est apporté par les médias qui parlent de nous. Cette année s’annonce comme un succès. Ceci dit, il faut rester humble.
A chaque fois c’est un nouveau défi pour le plus grand festival celtique au monde. Cette année, le pays de Galles est à l’honneur. Lorsqu’on parle du Pays de Galles, on pense généralement aux chœurs gallois, mais la culture galloise, ce n’est pas que cela. Le Festival s’élargit aussi à la danse bien sûr mais aussi à l’art contemporain, aux activités sportives, aux expositions littéraires et artisanales…

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