Articles Taggés Festivaliers

Le korrigan du quai

« Je dors peu. Il y a beaucoup de choses intéressantes à faire… ». La voix est basse, le ton posé. Dans le regard bleu semblent tourbilloner les mystères et les légendes celtiques. Ne sommes-nous pas au pays des

François Plisson, auteur de bandes dessinnées

François Plisson, auteur de bandes dessinnées

elfes, des korils et des poulpikans ? Vues sous cet angle, les grandes oreilles de François Plisson paraissent… normales.

Sur le Quai des livres, il tient son stand tout seul. Amusé, son voisin confie qu’il attire beaucoup de monde, surtout les enfants. « Ils traînent leurs parents jusqu’au stand et n’hésitent pas à lui demander “ce sont des vraies ?” ». Il faut dire que ses prothèses en latex font plus vraies que nature…

Le stand des Editions de la Fibule

Lorsque vous achetez un livre, armé de ses pinceaux et de sa palette de gouache, il vous dessine un korrigan malicieux  qui paraît prêt à bondir sur vos genoux et à vous tirer la langue. « Ça fait trois ans que je viens au festival et j’aime bien. J’aime la Bretagne ».

Louveteau, puis scout, François Plisson a sillonné la région. Son imaginaire d’enfant s’est nourri des bruits de la forêt, de la mer, de la nuit. « Il fallait marcher pour prendre le relais (des gardes). Les grands ducs nous suivaient du regard, les arbres craquaient, le vent dans les feuilles… ». Le petit garçon a peur. Et son imagination est fertile. « C’est un processus normal. On se réfugie dans l’imaginaire pour se protéger parfois, s’isoler, s’évader du quotidien ».

Rien de surprenant à ce que la première collection de sa propre maison d’édition, Les éditions de la Fibule, parlent de légendes : Les korrigans d’Elidwenn. Il est facile de passer des heures avec François Plisson. Il parle de son travail avec passion.

Visitez le site de François Plisson.

Malika GROGA BADA, Côte d’Ivoire

Commentaires (2)

Eh bien écoutez maintenant !

Un musicien en concert sur la place Jules-Ferry

Un musicien en concert sur la place Jules-Ferry

Très bonne ambiance sur la place Jules-Ferry au 7e jour du festival. Les expositions se poursuivent et plusieurs groupes livrent quelques concerts gratuits, au grand bonheur des Lorientais et des nombreux visiteurs prenant part à cette fête dans cet énorme village mélangeant plusieurs cultures. Ce n’est pas tous les jours que ça bouge autant à Lorient et mieux vaut en profiter.

Quelques dizaines de groupes se relaient dans les bars. Parmi eux : Mabon, Kroazhent, Ozan Trio, Marin’s Sabord, Shoepolishers, Ined Noz et bien d’autres. De petites foules se forment à chaque concert et se laissent bercer par les sons endiablés, mélangeant cornemuse, gaïta ou encore flûte, qui semblent les endormir, plutôt que les faire valser. Pas autant d’euphorie dansante comme cela l’aurait été au Congo, à l’occasion d’un tel rassemblement. La police interviendrait tous les soirs pour disperser les danseurs. Ici, visiblement, certains festivaliers préfèrent écouter ces musiques plutôt que de les danser.

A chacun sa façon de faire la fête…

Cédric Kalonji, Rép démocratique du Congo

Laisser un commentaire

En famille au festival

Laurent, 56 ans, vient de Saint-Étienne et se retrouve à Lorient pour passer une partie de ses vacances. Bruno et Matthias, ses deux fils qui habitent Paris découvrent le Festival interceltique auquel participe pour la cinquième fois leur père. Laurent est menuisier. Il y a quelques années, un de ces clients lui a parlé du festival. Il y participe pour la première fois en 2003, et depuis, il ne manque pas une seule édition.

« Cette année, j’ai fait venir mes enfants pour leur faire découvrir cet événement. C’est une occasion de se retrouver en famille et dans une très bonne ambiance. Je trouve que l’atmosphère est tout simplement superbe… La musique, les costumes et instruments traditionnels, dix journées de fête et de culture magnifiques. »

Le plus grand intérêt de Bruno c’est la cornemuse. Il avait déjà entendu parler de cet instrument et écouté des enregistrements mais il a, pour la première fois, l’occasion de l’entendre en live. « J’aimerais apprendre à jouer à la cornemuse mais je me demande combien de temps ça prend pour maîtriser cet instrument… Si cela est possible, je m’en achèterais une que je ramènerais avec moi à la maison… »

L’ambiance, les nouvelles rencontres, Matthias trouve lui aussi son compte. « Les gens sont sympathiques et c’est vraiment la fête » dit-il. Il n’a pas su résister à la tentation d’acheter quelques disques et un poncho sur lequel est imprimé un énorme dragon, emblème du Pays de Galles. Son stand préféré c’est « Mémé patates » : On y propose une variété de plats à base de pommes de terre.

« L’année dernière, il faisait beau. Moins de pluie et donc beaucoup plus d’ambiance et de monde », regrette Laurent « malgré la pluie et le mauvais temps la fête est quand même au rendez-vous, et c’est qui importe le plus. »

Bruno et Matthias projettent de repasser par Lorient l’année prochaine. Deux festivaliers qui vont sans doute s’ajouter à la longue liste de ceux qui font le déplacement tous les ans, pour une communion avec la culture celte.

Cédric Kalonji, Rép démocratique du Congo

Commentaires (2)

Sous la pluie, une ambiance magique

Le Festival interceltique de Lorient propose tout les soirs un voyage fascinant dans le monde des Celtes : les Nuits magiques. Dimanche soir ce spectacle c’est avéré réellement magique. Un amateur du festival se demandera pourquoi voir ce spectacle par un temps de chien ? Pour une habituée comme Aurélie, 25 ans, de Lorient, c’est très simple : « Je ne veux pas dire que je suis émue par ce spectacle, mais c’est beau ! Et puis c’est nous, on est Bretons, et on s’y retrouve dans ce spectacle ». Tiphaine, son amie Lorientaise, nous expliquera très brièvement « C’est notre culture ».

Tiphaine (25), Erwan (23) et Aurélie (25), trois Lorientais aux Nuits magiques

Tiphaine (25), Erwan (23) et Aurélie (25), trois Lorientais aux Nuits magiques

Des haut-parleurs retentit une information : «Chers spectateurs, nous attendons la fin de cette ondée pour commencer le spectacle». Le retard ne pèse pas sur l’ambiance festive qui règne dans les tribunes. Le temps d’attente est également l’occasion de comprendre l’importance du festival pour les habitants de Lorient. «J’ai grandi avec ce festival. Mes parents me l’ont transmis. Lors du festival on en profite pour se retrouver entre amis, car la plupart rentrent durant cette période», dit Erwan, un Lorientais de 23 ans.
Pour défier la pluie, et sans doute se réchauffer un peu, les festivaliers savent s’y prendre. C’est alors une « ola » qui se met en place et qui fait plusieurs fois le tour du stade. L’ambiance atteint son sommet lorsque les lumières s’éteignent et que le public lâche en chœur un « ah » et se met à applaudir le début de ce spectacle. Ce soir, la magie n’est pas uniquement sur scène.

Navina KADEN, Allemagne.

Commentaires (2)